Récit de mon accouchement à la maison

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Récit de mon accouchement à la maison

41 semaines – J+5
Bébé va bien, je le sens bien bouger, il a encore beaucoup de liquide amniotique mais mon moral joue les montagnes russes.

En dépassant le terme, chaque jour de plus m’éloignent de mon projet d’accouchement à la maison… le corps médical me met la pression, comme si il y avait une date de péremption pour le bébé…

J’ai rendez-vous à l’hôpital demain à J+6 sachant qu’ils souhaitent me déclencher et que je les ai prévenu lors du premier contrôle à J+3 que je préfère attendre si tous les voyants sont encore au vert, à leur grand désespoir car ils ne veulent prendre “aucun risque”…

Le stress monte, cela fait plus de 2 semaines que chaque nuit j’attends que mon corps et bébé créent l’alchimie parfaite et commencent le travail.

Je désespère. Heureusement je suis bien entourée : mon homme est en vacances et donc présent, il s’occupe bien de Mila la grande sœur, ma sage femme et ma doula me rassurent, mes amis et ma famille commencent eux aussi à s’impatienter, l’attente est dure…

J’ai tout essayé et j’ai l’impression que chaque journée se répète : marcher pendant plus d’une heure, courir, danser, sauter, postures de yoga prénatal… pendant mes réveils nocturnes j’allume les bougies en espérant que le travail commence pour ne pas avoir à les éteindre une nouvelle fois… je l’appelle ce bébé, dans mes rêves, entre deux pleurs…

On dit que chaque bébé arrive avec un cadeau pour nous élever, nous faire grandir, et bien pour ce bébé c’est la patience et le lâcher prise…

Mais ce soir je lui ai donné un ultimatum : pour éviter de devoir aller à l’hôpital demain matin, si le travail ne se déclenche pas tout seul, je vais prendre de l’huile de ricin à minuit… c’est un puissant laxatif qui provoque des contractions utérines, un remède de grand-mère. Mais cela ne m’enchante guère car j’aimerais que mon corps déclenche le travail naturellement, pour reprendre confiance en lui…

Il est 21h, j’ai couché Mila dans son lit en lui promettant que demain matin le bébé sera là parmi nous.

21h30
J’ai commencé à sentir de petites contractions toutes douces. J’ai alors mis ma playlist de naissance que j’avais préparé et allumé les bougies avec plus de conviction, cette fois c’est la bonne.

J’ai sorti le tapis de yoga pour faire quelques postures. Je me suis assise sur le ballon pour écrire dans mon petit carnet les peurs qu’il me restait, j’ai « pister mes tigres » comme ont dit… et les contractions se sont intensifiées. J’ai rejoint mon homme allongé sur le canapé et d’un coup j’ai était surprise par un « ploc » ! La poche des eaux s’est rompue… ça y est c’est sûr, c’est pour ce soir, j’ose à peine y croire…

On commence à tout installer pendant que Mila dort paisiblement dans sa chambre. On déménage dans le salon toutes les affaires que l’on avait installé dans la chambre de bébé pour ne pas la réveiller.

La piscine de naissance est prête, ainsi que le matelas, les serviettes, les présents de mes amies du blessing way…

23h20
j’ai attendu que les contractions continuent de croître pour envoyer le fameux message à mes amies afin de les prévenir qu’elles peuvent allumer une bougie pour me soutenir…

1h après je préviens l’amie à qui l’on avait demandé de venir nous aider pour l’accouchement qu’elle peut décoller. Elle a vécu ses 2 naissances à la maison et assisté plusieurs mamans déjà, son expérience me rassure, j’ai besoin d’elle à mes côtés. Car en France on est libre d’accoucher où l’on veut mais pas avec qui l’on veut, alors avec mon antécédent de césarienne je n’ai pas pu être accompagné par un professionnel.

Mon homme commence à remplir la piscine, il faut compter au moins 45 minutes. Pour que son effet antalgique marche bien, ma sage-femme m’avait recommandé d’attendre le dernier moment, c’est la dernière cartouche, la péridurale naturelle…

En attendant on essaye ensemble différentes positions que l’on avait vu en haptonomie pour me soulager.

Quand mon amie arrive une demi-heure après, je suis dans ma bulle et je reste concentré sur les vagues qui s’enchaînent à quelques minutes d’intervalle. Je commence à émettre de petits rugissements…

Cela devient très fort, alors dès qu’elle est prête je saute dans la piscine à 37 degré, ouf le contact de l’eau chaude fait son effet tant attendu, je me sens bien, je flotte et me laisse porter par les vagues des contractions.

Mon homme et mon amie se relaient pour m’appuyer sur le bas du dos qui me fait un bien fou et maintenir la température de l’eau. Accroupie dans la piscine, à chaque contraction j’ai besoin d’agripper mon homme pour me prolonger avec lui. C’est impressionnant comme je sens cette vague de puissance qui arrive, je commence à rugir en me laissant emporter puis reviens à mes esprits quelques secondes après comme si de rien n’était. La nature est bien faite car je peux récupérer entre chaque contraction.

Je me dis que pour rien au monde je ne sortirai de cette piscine et que j’ai beaucoup de chance de pouvoir vivre ce moment intense chez moi, dans mon cocon, je m’y sens en sécurité. Je me dis que si j’avais vivre ça à l’hôpital je ne l’aurais pas aussi bien supporté. La lumière est tamisée, le poêle à 25 degrés…

Les minutes et les heures passent, mais pour moi le temps s’est arrêté. Je commence à désespérer car je ne sens pas encore de changement dans mon corps…

Et puis ça y est, ça progresse enfin, je commence à sentir sous mes doigts sa tête sur 2-3 cm, c’est tout mou. C’est motivant de pouvoir sentir soi-même la progression. Je parle au bébé entre chaque contraction en le suppliant de venir car je fatigue.

Ça stagne un peu, alors je décide de sortir de l’eau car je sais que même si c’est moins confortable, ça va accélérer le travail.

Je m’installe à genou sur le matelas et je prend appuie avec mes bras sur le ballon.

A chaque contraction je pousse et je sens de plus en plus sa tête qui descend. C’est encourageant, bébé arrive bientôt.

Il est 4h35, en moins d’une heure et en une dernière poussée, bébé sort d’un seul coup, j’ai à peine le temps de l’attraper. Je voulais être la première à toucher mon bébé. Mon homme pleure, il est fou de joie !

Je n’en crois pas mes yeux, j’ai réussi…

C’est incroyable, tout s’est passé comme dans mes rêves. Mila dort encore paisiblement dans sa chambre, elle a pleuré juste une fois, son papa l’a rassuré et elle s’est rendormie.

Mon amie m’aide à m’assoir, je serre mon bébé tout contre moi, c’est un garçon…

Il pleure un peu, il est tout beau, même pas besoin de l’essuyer.

Je reprend mes esprits, je savoure ces premières minutes avec mon homme à mes côtés.

Je sens de petites contractions, je pousse à peine et le placenta sort. Mon amie le met dans une casserole.

Elle nous aide à tout nettoyer et repart pour nous laisser tous les 3.

Nous sommes sur notre petit nuage…

Je m’allonge avec bébé sur le matelas, mon homme s’endort sur le canapé en attendant que notre sage-femme arrive pour faire les premiers soins (j’ai juste 2 petites déchirures qui vont se soigner à l’argile blanche) et qu’elle clampe le cordon pour que le papa puisse le couper.

Vers 8h Mila se réveille, nous rejoint dans le salon et découvre avec surprise son petit frère…

La vie est belle, la nature est merveilleuse.

Mon bébé Noé est en parfaite santé, il a eu une naissance naturelle et respectée, je suis fière de nous. Il est comme je l’avais imaginé, tout brun avec plein de cheveux…

Ma fille Mila a gagné une nouvelle maman. Je me sens apaisée, comme si à travers mes rugissements j’avais sorti toute la colère que j’avais en moi… Cet accouchement m’a permis de renouer avec mon corps.

Ce matin je me dis que je suis chanceuse d’être chez moi, dans mon petit nid douillet, avec tout le confort. C’est ça le grand luxe pour moi.

Mon homme m’a offert la plus belle preuve d’amour, sa confiance du début jusqu’à la fin…

Partagez mon récit autour de vous pour changer le regard sur l’accouchement à domicile !

2018-04-14T03:48:19+00:00

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25 Comments

  1. hoarau ambre avril 11, 2018 at 6:31 - Reply

    Félicitation!!!! Quel belle aventure!

    • Soline avril 12, 2018 at 8:27 - Reply

      Oui !!!!

  2. julycocoon avril 11, 2018 at 7:59 - Reply

    C’est boooo !

  3. Elodie avril 11, 2018 at 8:22 - Reply

    Félicitations c’est une aventure merveilleuse et exceptionnelle que vous avez vécu!!!! Et quel courage!! Car de nos jours pas facile daller à l’encontre des médecins!!! Bravo!!!

    • Soline avril 12, 2018 at 8:27 - Reply

      Merci ! Oui c’est pas évident il faut être solidement ancrée…

  4. Maillard avril 12, 2018 at 8:10 - Reply

    Merveilleux récit ! !! J’en suis encore toute retournée. Les larmes me sont venues comme le regret de n’avoir pu accoucher à la maison pour mon 3 ème mais quelle force et quelle joie de me dire que ces expériences si extraordinaires soient possibles en France.
    Encore toutes mes félicitations!

    • Soline avril 12, 2018 at 8:26 - Reply

      Merci ! Oui c’est encore possible quand on soulève les montagnes… 😉

  5. Manon avril 12, 2018 at 9:19 - Reply

    Bravo Soline. Je suis vraiment très heureuse pour vous. Quelle force et détermination ! Ton récit m’a émue aux larmes, j’en suis toute retournée. Félicitations encore à vous. Merci d’avoir partagé cela avec nous.

  6. Lucie avril 12, 2018 at 10:15 - Reply

    C’est magnifique, bravo
    Et encore toutes mes félicitations !

    • Soline avril 12, 2018 at 10:49 - Reply

      Merci !!!!

  7. MIra avril 12, 2018 at 10:22 - Reply

    Ce récit est magnifique … sa m’en conforte encore plus dans mon envie de d’avoir un dernier bebe et que tout soit respectée de A à Z…. pour Haize je ńavais pas eu ce courage de le faire à la Maison.. mais la… avec ton histoire… tout est vraiment possible
    Felicitation ❤️

    • Soline avril 12, 2018 at 10:48 - Reply

      Ravie que cela te donne envie

  8. Thésée avril 12, 2018 at 6:57 - Reply

    Je pleure toutes les larmes de mon corps césarisé il y a eux ans, alors que je rêvais de la fabuleuse naissance que tu as eu… Quel bonheur… Bravo à toi et à ton homme qui a su te faire confiance, cœur sur vous ❤️

    • Soline avril 12, 2018 at 8:01 - Reply

      Je te comprends… c’est dur c’est une épreuve… courage

  9. Lisa avril 12, 2018 at 8:26 - Reply

    Très beau récit .. Et de savoir que la grande soeur a fait ” sa part ” est encore plus magique ! Ça donne envie 🙂

  10. Kelly Passier avril 13, 2018 at 6:46 - Reply

    Super récit… Tres émouvant!!! J’ai vécu la même chose que vous une 1ere césarienne puis une envie terrible d’essayer une voie basse pour mon deuxième mais j’avais tellement de pression de l’équipe médicale que mon corps et surtout ma Lilirose en on décidé autrement … j’ai donc accoucher chez moi en 1h15 mais se n’était pas prévu!!!
    En tout cas felicitation pour votre courage et votre ténacité.

    • Soline avril 13, 2018 at 7:03 - Reply

      Ouah super histoire, 1h15 c’est un record

    • Soline avril 14, 2018 at 2:16 - Reply

      Merci ! Et c’est génial pour vous de l’avoir vécu en 1h15 !!!

  11. Chloé avril 15, 2018 at 5:08 - Reply

    Merci de ce partage Soline! Comme je suis heureuse pour toi que tu aies pu vivre ton deuxième accouchement comme tu le rêvais… Il faut dire qu’avec tous les moyens que tu t’es donnés et toute la préparation que tu as réalisée en amont, c’est tout ce que l’on pouvait te souhaiter. Bravo à toi, à ton compagnon et à Noé!

  12. Hélène B. mai 10, 2018 at 9:12 - Reply

    Bonjour Soline, pouvez vous m’expliquer cette phrase «  Car en France on est libre d’accoucher où l’on veut mais pas avec qui l’on veut, alors avec mon antécédent de césarienne je n’ai pas pu être accompagné par un professionnel. «  j’ai beau la retourner dans tous les sens, je ne la comprend pas…

    • Soline mai 11, 2018 at 6:43 - Reply

      Bonjour, oui en effet c’est une liberté limitée : en tant que parents on peut décider d’accoucher où l’on veut mais les sages femmes ne peuvent pas nous suivre dans notre projet d’accouchement à la maison car j’ai eu une césarienne pour mon premier bébé et je suis considéré comme un dossier à risque maintenant…

      • Hélène B. mai 12, 2018 at 7:47 - Reply

        Merci pour vos explications, enfait je crois que j’avais bien compris la phrase, mais je trouve ça complètement ridicule. Puisque vous êtes considérée justement comme un « dossier » à risque, pourquoi on ne vous accorde pas le droit d’être accompagnée au moins par une sage femme ! Ça me dépasse complètement, c’est l’inverse de la logique…

  13. Jess mai 16, 2018 at 6:15 - Reply

    Merci pour ton magnifique témoignage qui me donne espoir pour je l´espere mon prochain accouchement un jour ; tu parles du travail en amont de l’accouchement sur ta vidéo en quoi consiste t il?
    Merci

  14. Jessica novembre 16, 2018 at 4:34 - Reply

    Ca m’a fait pleuré, c’est vraiment beau. Tout le monde devrait vivre ce que vous avez vécu.

    • Soline novembre 17, 2018 at 9:44 - Reply

      Oui je le souhaite à toutes les femmes… merci 🙂

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