La préparation de notre projet d’accoucher à la maison

//La préparation de notre projet d’accoucher à la maison

La préparation de notre projet d’accoucher à la maison

Pour cette 2e grossesse, j’envisage de donner vie chez moi : j’ai décidé de faire confiance en mon corps, en mon bébé, en la vie…

Ce projet d’accouchement à la maison me tient à cœur suite à la naissance de Mila à l’hôpital qui s’est finit en césarienne d’urgence alors que pourtant rien ne le présageait.

J’ai récupéré mon dossier médical et compris que c’est une cascade d’interventions médicales qui ont amenées à cette fin traumatisante pour moi et pour mon bébé… car oui quand on sort d’une césarienne, on ne nous demande pas comment on l’a vécu, on doit se faire une raison et juste les remercier car « le plus important c’est que bébé et maman ont été sauvé », le choc psychologique est pourtant bien là et s’occuper de son bébé après cette expérience douloureuse est difficile… j’ai foiré d’ailleurs aussi son allaitement, et maintenant avec du recul je comprend mieux pourquoi.

J’ai donc profité de ces 9 mois pour entreprendre un grand travail sur moi, pour « pleurer ma césarienne » en rouvrant ce dossier brûlant pour comprendre et surtout panser les blessures de ce premier accouchement pour aborder le prochain avec plus sérénité.

Pour préparer ce projet d’AVAC (Accouchement Vaginal Après Césarienne) j’ai soulevé des montagnes, je me suis donné tous les moyens pour vivre ce dont je rêve : un accouchement respecté et naturel pour moi et mon bébé.

Pour le premier je ne voulais pas de péridurale mais j’étais allé à l’hôpital sans m’être vraiment préparée. Je pensais être prête : haptonomie, acupuncture, etc… mais je ne l’étais pas du tout… et quand je suis arrivée à l’hôpital le jour J j’ai totalement subi ce qui s’est passé, je n’est pas été actrice de mon accouchement.

Avec du recul je me rends compte que j’étais mal et surtout sous informée comme beaucoup d’entre nous quand c’est notre premier. Je n’étais pas aller chercher les bonnes informations, j’ai pris la voie classique sans vraiment me poser de questions.

Depuis j’ai eu la chance de faire de belles rencontres qui m’ont appris que l’on pouvait emprunter un autre chemin, pour vivre une expérience unique, celle d’accoucher chez soi. C’est lorsque j’ai été invité à un Blessing Way que j’ai eu le déclic : je me suis retrouvé entouré de 7 femmes qui ont raconté leur récit d’accouchement et toutes avaient accouché à la maison… c’est la première fois que j’entendais le mot « puissance » pour décrire un accouchement. Ces femmes étaient des guerrières, elles représentaient la beauté du féminin sacré. Leur expérience était à chaque fois unique et magique. Je pensais que les accouchements à la maison étaient rares, anecdotiques car dangereux et voilà toutes ces femmes autour de moi qui me prouvaient le contraire… et moi je pleurais avec ma césarienne à chaque récit que j’entendais.

Pourquoi médicaliser la naissance alors que la nature a tout prévu et à doter le corps de la femme de tout ce dont il avait besoin pour donner la vie ? J’en avais fait moi même les frais de cet excès de prise en charge en structure alors que j’avais vécu une grossesse parfaite et que j’étais en très bonne santé : dès que j’y ai mis les pieds j’ai été considéré comme une malade que l’on va faire accoucher, suivant les protocoles et non pas comme une femme dans toute sa puissance qui a juste besoin de se faire confiance car elle seule sait comment faire…

J’ai su alors que pour le prochain je souhaiterai vivre autre chose et que je m’en donnerai les moyens surtout.

Alors depuis le jour où j’ai su que j’étais de nouveau enceinte, j’ai commencé mon ascension vers le sommet que je voulais atteindre : un accouchement à la maison.

Il allait être semé d’embûches car quand on a une césarienne dans son dossier on est considéré comme un code rouge, un sujet à risque… peu importe, je savais que je pouvais le faire et que pour cela j’allais devoir reprendre confiance en moi et en ce nouveau bébé car chaque histoire est différente et j’étais déterminée à en écrire une belle cette fois-ci.

Sur ce chemin j’ai fait des rencontres clés qui m’ont ouvert à chaque fois de nouvelles portes. Ma doula Isabelle Etcheverry, pour travailler sur mes peurs et cicatriser ma césarienne… elle a organisé aussi mon blessing way, c’était un moment privilégié où j’ai eu l’honneur d’être entouré de belles femmes qui m’ont dorloté et m’ont apporté leur force et leur courage pour m’accompagner le jour J.

Ma sage-femme qui nous a donné toutes les informations dont nous avions besoin pour nous préparer à l’accouchement… puis nous avons choisi de refaire de l’haptonomie afin que le papa soit vraiment intégré à ce projet mais cette fois avec une haptothérapeute Hélène Morin, en plus des séances de préparation classique à la naissance de la sage-femme.
Car oui, sans le soutien sans faille de cet homme extraordinaire, je n’aurais jamais pu envisager aller jusqu’au bout. C’est une décision qui se prend à deux et sans hésitation il m’a suivi. Il m’a fait confiance car lui aussi voulait vivre autre chose pour cette nouvelle naissance. Il était là à chaque rendez-vous avec la sage-femme, car c’était notre projet, notre histoire qu’on allait écrire à deux. Et même à trois avec Mila qui était très présente et montrait sa volonté à participer elle aussi.

J’ai fait appel aussi à une association locale Coeur de famille pour louer la piscine de naissance. Ces femmes m’ont apporté aussi leur expérience et leur précieux soutien.
J’ai aussi cherché d’autres témoignages de femmes qui avaient vécu des accouchements naturels. Et à chaque fois je gravissait un peu plus cette montagne, forte de tous ces expériences.

Depuis l’arrivée de Mila j’ai aussi changé totalement d’alimentation, à tendance végétarienne et vegan. Cela tombait bien car pour mettre toutes les chances de mon côté il fallait une hygiène de vie irréprochable pour vivre une grossesse en parfaite santé et être en pleine possession de mes moyens le jour J. J’ai donc réussi à avoir au cours de ces 9 mois un suivi peu médicalisé car j’avais d’excellents résultats d’analyse et j’étais en grande forme.

Tout était réuni pour que j’ai cet accouchement physiologique dont je rêvais.

J’ai aussi fait du yoga prénatal qui m’a aidé à rester souple et tonique. J’ai également fait des séances de Surrender pour m’apaiser avec ma fabuleuse kiné Alexandra Clément-Marot, c’est de la relaxation profonde qui aide le corps à s’auto-guérir.
J’ai aussi lu de nombreux livres sur le sujet, dont celui d’Aurélie Surmely “accoucher sans péridurale“, vu avec mon homme de beaux reportages comme “orgasmic birth” qui nous ont conforté dans notre choix et permis de voir des exemples d’accouchements à la maison.

Nous avons rédigé un projet de naissance qui nous ressemble que nous avons glissé dans mon dossier médical pour que quoi qu’il arrive mon accouchement soit respecté ainsi que la prise en charge de bébé.

J’avais toutes les clés en main, je me sentais prête. J’avais enfin compris que l’accouchement s’était 100% dans le mental : croire en soi et au bébé était le principal pour que le corps n’ai aucun bloquage et que la nature fasse son travail toute seule.
C’est ce qui m’avait fait défaut la première fois, je m’étais infantilisée face au corps médical, j’avais subi et non pas agi.
Notre choix est éclairé et conscient, nous sommes à moins de 30 mn de l’hôpital, le bébé et moi sommes en bonne santé.
Et si la sécurité émotionnelle était plus importante que la sécurité médicale pour donner la vie ?

Je vous livre ici le récit de mon accouchement à la maison.

2018-04-12T05:03:49+00:00

4 Comments

  1. Manon avril 8, 2018 at 7:04 - Reply

    Bravo Soline, bravo à vous. Tu es une guerrière ! Quel mot : la puissance ! Tu as raison, nous sommes puissantes, nous sommes capables! Merci pour ton merveilleux témoignage qui ouvrira probablement de nouvelles voies à d’autres femmes. Merci de le partager avec nous. Bienvenue à Noé!

  2. chanelle avril 9, 2018 at 9:19 - Reply

    bravo ! pour mon deuxième je souhaite aussi que cela se passe à la maison. Quel beau projet. Et oui je pense aussi que tout est dans le mental !

  3. Boza Lino avril 25, 2018 at 9:10 - Reply

    Bonjour, toutes mes félicitations aux parents et au bébé! J’ai vécu une expérience similaire à la tienne pour mon premier enfant. Malgré cela j’ai eu un accouchement par voie basse pour le deuxième 3 ans plus tard et maintenant j’attend mon troisième enfant. Je suis décidée à accoucher naturellement à la maison , sauf que comme dans ton cas, je n’ai pas le soutien d’un professionnel à la maison car malgré un accouchement par voie basse pour le deuxième et q le troisième arrivé 10 ans après la césarienne, personne ne veut “prendre des risques”. Je n’avais plus d’espoir jusqu’à ce que j’ai lu ton récit. Je voudrais bien si possible avoir les bons contacts pour mener à bien mon projet de naissance. J’habite près des Landes dans le Béarn.

  4. Maylis mai 21, 2018 at 4:28 - Reply

    Bravo! Quelle force… il faut lutter non seulement contre la sphère médicale mais aussi sur les aprioris de l’entourage. Non….? Ça demande une énergie folle ….

Laisser un commentaire