Pourquoi tes enfants ne vont-ils pas à l’école ?

//Pourquoi tes enfants ne vont-ils pas à l’école ?

Pourquoi tes enfants ne vont-ils pas à l’école ?

C’est une question qui revient souvent. Notre choix est encore peu compris par notre famille, amis et même dès que j’en parle autour de moi.
Pourtant je le regrette car c’est à la base des valeurs qui nous portent. Notre vie de famille est organisée autour de cette déscolarisation, de même que pour ceux dont le quotidien est rythmé par l’école.

Déjà peu d’entre nous savent que l’école n’est pas obligatoire : c’est l’instruction qu’il l’est !
C’est une grande nuance, cela signifie que nous les parents pouvons être responsables de leurs enseignements.
Mais pourquoi faire ce choix ? Comme beaucoup nous ne nous étions même pas posé cette question avant d’avoir des enfants.
C’est en voyant avec émerveillement notre premier bébé évoluer de 0 à 2 ans en faisant des apprentissages autonomes grâce à un environnement adapté et sécure et notre regard bienveillant de parents, que je me suis demandé pourquoi mettre ma fille à l’école, alors qu’elle avait appris à marcher et à parler par mimétisme, c’est à dire en nous observant et en reproduisant à son tour.
J’entendais parler de violence en maternelle dans la cour d’école, de punitions, des devoirs, d’évaluations, de récompenses… et autres expériences désagréables que chacun a pu vivre pendant sa scolarisation.
Je me formais à l’éducation positive un peu plus chaque jour et je n’avais pas envie que tout ce travail soit “balayé” en lui faisant prendre ce chemin conventionnel avec les violences éducatives ordinaires qui encore sont banalisées selon les professeurs et les parents : chantages, menaces, cris…
Côté efficacité sur les apprentissages aussi je n’étais pas convaincue car malheureusement il y a plus de 40% d’échec scolaire en France avec le système éducatif actuel, il y a de quoi se poser des questions… Je déplore le fonctionnement de cette grande machine qui ne va pas dans le sens des besoins de l’enfant, de écoute de ses émotions et de ses envies…
Bien sûr me direz-vous avec plus de trente élèves par classe c’est difficile de personnaliser les apprentissages…
Justement je n’avais pas envie que ma fille soit prise dans cet engrenage.
Je l’ai vécu moi-même : j’étais une très bonne élève, un bon petit soldat, qui récoltait les bonnes notes et les bons points… je ne faisais pas de vague, je faisais mes devoirs toute seule… Et ce jusqu’au bac.
Où est le problème me direz-vous ?
Justement je ne me suis jamais écouté jusqu’au jour où j’ai été reçue dans le bureau de la conseillère d’orientation qui m’a demandé ce que je voulais faire de ma vie.
Quel choc ! J’étais perdue. J’avais le vertige devant les possibilités qui s’offraient à moi et en même temps je n’avais aucune idée de mes envies réelles, ce pourquoi j’étais faite, mes talents, mes compétences, mon chemin de vie…
Après ce fut très laborieux, j’ai suivi des études jusqu’à obtenir un Master car ce serait “plus facile” pour trouver un emploi derrière.
Très déçue du monde de l’entreprise en tant que salariée (manque de reconnaissance, mauvais management d’équipe…) j’ai sauté sur l’opportunité de me mettre à mon compte en auto-entrepreneur. Avec ces 5 ans d’étude à la fac très théoriques, je me suis formée moi-même au fil de mes expériences.
C’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à me sentir à ma place. Je choisissais les projets pour lesquels je voulais travailler, je gérais mon rythme de travail, j’apprenais à m’écouter vraiment et à me faire confiance.
J’ai eu l’impression d’avoir perdu un temps précieux.
Pour moi le plus beau cadeau que je puisse offrir à mes enfants c’est de leur permettre de s’écouter dès leur plus jeune âge.
C’est pour cela que ce choix me tient à coeur : c’est le choix d’une vie.
J’aime cette métaphore : les enfants sont des diamants bruts et ils n’ont pas à être façonnés pour briller à leur manière.
J’ai eu cette prise de conscience avec le film Etre et devenir de Clara Bellar en 2014 un documentaire qui montre la vie de plusieurs famille qui ont fait le choix de cette déscolarisation. J’ai découvert Arno et André Stern qui sont un père et un fils très inspirant.
Ce film m’a bouleversé, mon homme aussi. Juste après son visionage je me souviens de cette discussion houleuse dans la voiture où je lui parlais de cette envie de ne pas mettre notre filles à l’école, et lui qui faisait des bons…
Peu après la vie m’a mis sur ma route une directrice d’école qui souhaitait créer une école alternative et en moins d’un an nous accueillions les premiers enfants dont ma fille de 3 ans. J’étais en charge de la communication dans l’association. C’était un bon compromis à ce moment là de notre vie, les émotions et besoins de ma fille étaient respectés et moi j’avais du temps pour travailler. Puis notre deuxième enfant a pointé le bout de son nez et la fin de l’année scolaire à l’école fut chaotique. Il y avait un gouffre entre le projet pédagogique sur le papier et la pratique sur le terrain.
Nous avons alors pris la décision de déscolariser notre fille de 5 ans. J’étais prête.
J’ai eu besoin de ces 2 années d’école alternative pour retrouver cette confiance en moi, en mes capacités de parent à reprendre la responsabilité de l’instruction de mes enfants, à ne pas déléguer.
Je suis mon propre patron depuis quelques années maintenant, j’ai donné naissance à mon fils à la maison, alors c’est pour moi la suite logique qui prend tout son sens et répond à une grande soif de liberté d’action et de pensée.
J’avais déjà dans mon réseau des familles IEF (Instruction en Famille) aussi j’ai commencé à tisser de nouveaux liens avec elles.
Les enfants voient leurs copains au moins une fois par semaine et nous nous entraidons entre parents nous confiant les enfants à tour de rôle pour avoir du temps pour nous ou pour travailler.
Cela fait presque une année scolaire aujourd’hui et chaque jour je vois mes enfants évoluer à leur rythme, suivre leur instinct, apprendre à se faire confiance, respecter les autres…
Nous avons choisi l’unschooling c’est à dire que les apprentissages se font de manière autonomes, ils sont naturels sans être dirigés ni imposés. Nous ne faisons pas “l’école à la maison”, c’est à dire que je n’ai pas le rôle de la maîtresse comme on me le demande souvent. Concrètement, pas de planning, les enfants se réveillent à leur rythme, ils jouent et quand ils le veulent nous faisons ensemble des activités qui mènent aux apprentissages. Cela peut être du jardinage, de la cuisine, etc… tout est source de savoir, c’est l’école de la vie 🙂 A nous les adultes de ramener les apprentissages dans le quotidien. Je les observe, les écoute et je vois comment je peux les aider dans leur réflexion, à aller plus loin, à cherche l’information. Par exemple je propose à l’enfant d’écrire les noms des plantes avant de les semer, de faire des additions en faisant des cookies… Nous apprenons plus rapidement et facilement quand nous en avons envie et que nous avons les ressources nécessaires pour répondre à nos questions. C’est ce qui me guide au quotidien avec mes enfants, et ce tant qu’ils le souhaiteront, c’est à dire pendant toute la durée de l’instruction obligatoire en France qui est de 3 à 16 ans.
Bien sûr que c’est une autre organisation au quotidien, qu’il y a des hauts et des bas, de la fatigue et de l’investissement : je travaille toujours à mon compte, mon homme est salarié et nous avons emménagés l’année dernière dans une ferme napoléonienne restaurée face à la réserve naturelle du marais d’Orx Le domaine de l’Isle.
C’est encore une fois une vraie volonté de vivre au coeur de la nature, de joindre l’utile à l’agréable en accueillant des voyageurs dans des gîtes pour être de plus en plus automnes et faire de belles rencontres.
Nous avons travaillé et travaillons encore beaucoup, que ce soit pour les gîtes ou nos boulots, nuit et jour, et nous sommes très heureux avec les enfants dans ce lieu magique.
Avec plaisir de répondre à tes questions en commentaire si tu veux en savoir plus !

2020-04-17T08:15:32+00:00

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